Le code monétaire et financier est strict : "il est interdit à toute personne autre qu'un établissement de crédit d'effectuer des opérations de banque à titre habituel".
En revanche, rien n'interdit le prêt de particulier à particulier. Les particuliers peuvent prêter à titre personnel dans le cadre de leur cercle familial ou parmi leurs groupes d'amis. Ces prêts amicaux peuvent, par exemple, prendre la forme d'une tontine.
2. La crainte du sur-endettement
L'Etat, les associations consuméristes, les consommateurs eux-mêmes vivent dans la crainte du sur-endettement. Si le crédit immobilier est bien accepté, le recours au crédit à la consommation est moins courant.
Pourtant les français sont moins endettés que les autres européens (seuls 40% des moins de 35 ans bénéficient d'un crédit de trésorerie en France contre 70% au Royaume-Uni). Certains observateurs déplorent le faible développement du crédit à la consommation en France dans la mesure où les études économiques montrent que son développement a un impact très favorable sur la croissance.
3. Le taux d'usure
Le taux d’usure représente une barrière forte pour les banques qui voudraient prêter à des emprunteurs atypiques : étudiants sans historique bancaire, travailleurs indépendants ou encore petits entrepreneurs aux revenus irréguliers. Puisqu'elles ne peuvent pas prêter à un taux d'intérêt plus élevé que la moyenne, ces banques ne sont pas prêtes à prendre le risque. Selon une étude publiée par le Sénat, environ 15% de la population n'a pas accès au crédit en raison du maintien du taux d'usure pour les particuliers. Offrir des crédits à cette partie de la population, c'est ce que j'ai appelé dans une note précédente, "servir la longue traîne du crédit".
4. L'absence de fichier de crédit positif
Les internautes savent bien ce qu'est un fichier positif : sur eBay, les vendeurs qui ont une très bonne réputation (ceux qui sont les plus étoilés) vendent leurs articles 8 % plus chers que les autres.
Ce système de réputation positive existe en matière de crédit. Mais pas en France. En Angleterre ou aux Etats-Unis des sociétés comme Experian ou Equifax donnent une note de confiance à chaque particulier. Cette note, appelée score FICO, est plus ou moins élevée en fonction de l'historique de crédit de chacun. Si vous avez emprunté souvent et toujours bien remboursé, votre note est excellente et vous payez moins cher vos nouveaux crédits.
Pour le moment, le système français est différent. La Banque de France enregistre les mauvais payeurs sur le FICP (fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers). C'est un fichier sanction auxquels seules les banques ont accès... et ceux qui ont la malchance d'y être inscrits ! Pour en savoir plus sur le fonctionnement du FICP, la Banque de France a publié ce très pratique petit fascicule.
Et vous, avez-vous déjà été "interdit bancaire" et inscrit sur les fichiers de la Banque de France ?









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